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Avitrolaixeille (ou la DFCI pour les Nuls) 333km

Avitrolaixeille (ou la DFCI pour les Nuls)

333 km / 4920D+
Gravel en Provence-Alpes-Côte d’Azur
par Pierre

Avitrolaixeille (ou la DFCI pour les Nuls) 333km

Une map de 3 jours pour aller voir le sud. Depuis longtemps séduits par les photos des DFCI, il était temps de fuir la capitale pour 3 jours de soleil et gravier post-confinement. N’étant pas du coin, nous avons combiné des parcours testés et éprouvés par les locaux (M. Lifschitz, PCR Gravier, Arles Gravel notamment) pour garantir un itinéraire des plus cools avec cassage de rétine et de mollets garantis.

Au programme : Départ pour Avignon depuis Paname par le premier TGV. Direction les Alpilles pour une première journée qui secoue un peu, puis Tour de la montagne Sainte Victoire pour finir avec les pistes du Massif de l’étoile avant la baignade promise à Marseille.

NB / Le séjour s’étant déroulé après les divers confinements et restrictions, nous avons préféré opter pour des nuits en hôtel dans les villes afin d’éviter tout problème de ravito en cas de couvre-feu. On peut trouver des spots plus friendly (éviter Vitrolles notamment)

Jour 1 : Avignon — Vitrolles

Les alpilles et ses paysages

Sortie de la gare direction la piste cyclable pour éviter la circulation le long de la Durance. Des airs de décharge par moment mais c’est le coin le plus safe pour sortir de la ville. A peine partis, petit café pour se réveiller à Rognonas. Passage par le joli village de Barbentane pour entamer notre premier chemin direction plein sud, le décor est posé. Vue sur l’abbaye Saint Michel de Frigolet. Redescente par le gravier , des petites routes jusqu’à Saint-Etienne du Grès ou il faudra profiter de la boulangerie et faire le plein d’eau avant de grimper vers les Alpilles. Début juin il faisait déjà bien chaud et 2 bidons ne sont pas de trop pour soulager notre soif. Longue traversée du Parc naturel par les DFCI, certaines portions secouent bien nos montures, le soleil tape comme il se doit (ça c’est fait), peu d’ombre pour reposer nos peaux de parigots déjà rougies par les premiers coups de soleil. Pause à Aureille, premier point d’eau depuis cette longue traversée, le rade du coin nous offre sa dose de fraicheur et permet de souffler. Trempage intégral à la fontaine et nous repartons pour une portion plus plate, petites routes à travers champs qui longent le canal de Craponne. Dernier ravito de la journée à Grans, cassage de glaces oblige. On s’approche de Lançon-Provence par les chemins avant d’entamer une autre portion de beau segment gravel. On commence à tirer la langue tout de même. En tout cas le paysage ne trahit pas ce qu’on imaginait de cette virée dans le sud. Petits arbustes et buissons secs, terres rougies, végétation basse, tout y est ! S’ensuivent des zigzag très ludiques pour contourner les autoroutes, passage dans des tunnels, le gravier se mêle au béton autoroutier et nous permet de trouver des terrains de jeu en évitant le stress de la circulation. Prendre le temps de bien suivre la map sur ces portions. Dernière ascension pour la vue finale sur l’étang de Berre. A la fois beau et déroutant, car d’ici se marient étrangement les couleurs d’une très belle fin de journée avec les énormes industries et l’aéroport de Marignane. La descente se fait par le vieux Vitrolles. Nos trouvons un hôtel pas cher, proche de l’aéroport certes, mais nous sommes quasiment les seuls occupants. La piscine est à nous, le bar aussi.

Jour 2 : Vitrolles — Aix-en-Provence

Le Sainte Victoire tour

Départ de Vitrolles par les pentes raides de la vieille ville, on remonte sur le plateau pour se chauffer directement sur des gros chemins larges et très roulants. Ca sent la poussière à chaque dérapage. On s’approche de la voie rapide pour rejoindre un très beau coin mais la transition n’est pas très claire. Komoot dit qu’on peut traverser une cour d’entrepôts soi disant ouverte mais on se retrouve devant une grille, l’accès est privé. Balec. On prend 1 petit de km de voie rapide sur la bande d’arrêt d’urgence et on sort en enjambant la barrière. Le chemin repéré sur Google était bien comme prévu : une terre d’une couleur oxyde flashy, un bon spot pour nos amis photographes. On sort de là refaits, les vélos couleur terre battue direction Aix en Provence. Contourner et éviter les routes fréquentées d’Aix n’est pas si simple mais possible en passant par Valabre et Meyreuil. Possibilité de couper par des chemins aussi mais nous avons préféré garder nos forces pour la suite, ce sera donc par l’asphalte. Quelques bosses tout de même jusqu’à Aix, passage chez un bouclard pour choper plaquetttes et sealent, ravito à Aix on remplit nos poches. La sortie d’Aix se fait par une superbe route, le trafic est beaucoup plus calme après quelques kilomètres. On sort de la route pour voir le barrage de Bimont et le lac Zola, la pente est raide pour monter jusque là et il y a quelques marcheurs à esquiver. Premières crevaisons (on avait dit tubeless!) très beau chemin jusqu’à la redescente par une clairière donnant sur un petit cours d’eau. Trempage de pieds, et nous continuons la trace qui oscille entre petites routes parallèles et chemins bien roulants. La face sud est bien exposée au vent, la vue sur la montagne Sainte Victoire est magnifique. Remplissage des gourdes à Puyloubier. Un mode feignasse uniquement par la route n’est pas une mauvaise option, ça roule bien et au calme (et nous ne cacherons pas que nous avons raccourci certaines portions car l’heure tournait plus vite que nos jambes) . Très beau terrain de jeu pour le gravel, la face nord nous permet de profiter un peu de l’ombre en fin de journée et d’apercevoir le Luberon au loin. Juste avant Vauvenargues, on prend à droite une chouette montée en lacets à travers les roches (ne pas hésiter à regarder derrière soi de temps en temps ça vaut le coup d’oeil). On profite, on traîne, on papote avec d’autres cyclistes, l’heure tourne et on « cut » une portion de map qui devait aller jusqu’à Meyrargues (ouais on est vraiment des feignasses). Quelques chemins encore tout de même, on croise des bergers, on slalome dans le troupeau. On redescend pleine balle par la route, les 10 derniers kilomètres demandent prudence, les gens ont l’air si pressés de rentrer en fin de journée. Petit tour dans Aix pour voir les vieilles rues et on prend racine dans un PMU avant le repas du soir. Évidemment dernière bière à l’hôtel pour bien finir cette nouvelle journée de farniente.

Jour 3  : Aix En Provence – Marseille

« On conduit pas ici. On pilote »

Comme tout bon cycliste qui se permet le luxe d’une nuit à l’hotel, nous faisons main basse sur la nourriture au petit déj, les poches débordent, les estomacs sont remplis à 200%, on peut envisager un départ serein. Sortie d’Aix par le sud, cette fois-ci rapidement par les chemins, Meyreuil toujours puis éviter Gréasque par une route plus tranquille à l’ouest jusqu’à Cadolive, point de ravitaillement en eau et bouffe avant d’entamer les hostilités. Faut plat montant jusqu’ici, 2 ou 3 chemins pas si larges ni évidents à la sortie du bled (qu’on aurait peut-être pu s’épargner au final) et on plonge dans une belle descente asphaltée de plus de 4 km qui borde le parc de Pichauris. On saute sur les freins pour ne pas rater la bifurcation vers les chemins. On démarre une longue montée par des pistes bien larges (et sans ombre). Il est presque 13h, on cuit et il faut bien gérer les réserves d’eau. Mais l’air marin nous enchante ainsi que la vue sur Marseille qu’on aperçoit en contrebas. Y a pas à dire, le biotope et les DFCI du coin garantissent des sorties gravel accessibles et continues que l’on a du mal à reproduire près de chez nous. Les 8 km de montée se font sur une piste très facile. J’avais noté plusieurs boucles des locaux qui l’empruntaient dans l’autre sens, nous comprendrons plus tard pourquoi. Pause sur les hauteurs, ça prend des photos du paysage, on redescend tranquillement sur un sol variant de gravier à asphalte bien dégradée, c’est joueur. Un peu plus bas, on reprend à l’ouest en direction de la grande Etoile. Des sections en descente bien cassante (c’est peut-être pour ça que beaucoup la faisaient en montée ?), les freins sont très sollicités. On quitte ce beau terrain de jeu pour approcher Marseille. On est cramés mais contents du séjour. Marseille n’est pas vélofriendly et ce n’est pas une légende. On traverse les dernières rues qui mènent au centre comme si c’était mercredi soir. Direction la mer, c’est ce qu’on s’était promis. 

Photos : Arthur